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Électroménager

Quelle classe énergie électroménager choisir pour réduire votre facture

Classe énergie électroménager : comprenez l'étiquette A à G réformée en 2021, et découvrez ce que vous économisez réellement en passant de la classe G

Aurélie DuvalAurélie Duval 21 min de lecture
Classe énergie électroménager : le barème 2026 en chiffres
[Energie News #11] Electroménager : comment bien choisir pour faire des économies ?

La classe énergie électroménager est une notation de A (le plus efficace) à G (le moins efficace) qui mesure la consommation électrique d'un appareil dans des conditions normalisées. Depuis la réforme européenne du 1er mars 2021, l'échelle a été recalibrée : les anciennes classes A+, A++ et A+++ ont disparu, et un appareil anciennement A+++ correspond aujourd'hui à la nouvelle classe C. La classe A actuelle est volontairement quasi vide pour servir de réserve aux innovations futures.

La classe énergie électroménager détermine la consommation réelle d'un appareil sur sa durée de vie, bien au-delà de la simple lettre affichée en magasin. Depuis le 1er mars 2021, l'échelle européenne A à G a remplacé les anciennes notations A+/A++/A+++, rendant le classement plus strict et plus lisible. Un lave-vaisselle classe A consomme aujourd'hui 90 kWh par an (ADEME, 2026), contre parfois le triple pour un modèle de classe inférieure. Ce guide détaille comment lire une étiquette énergie, quelle classe viser selon l'appareil, et combien la différence de classe impacte concrètement votre facture d'électricité.

Comparatif en un coup d'œil

Cliquez sur un en-tête de colonne pour trier.

AppareilClasse la plus haute en 2026Conso. annuelle (classe haute)Conso. annuelle (classe basse)Écart G → meilleure classeCritères spécifiques étiquette
Réfrigérateur-congélateurB à D100 kWh/an350 kWh/an250 kWh/anVolume utile, température ambiante, niveau sonore (dB)
Lave-lingeA à D45 kWh/an95 kWh/an50 kWh/ankWh/100 cycles, eau (L/cycle), essorage (%), bruit (dB)
Lave-vaisselleA à D54 kWh/an105 kWh/an51 kWh/ankWh/100 cycles, eau (L/cycle), capacité (couverts), bruit (dB)
TéléviseurE à G55 kWh/an200 kWh/an145 kWh/ankWh/1000h (SDR/HDR), diagonale, résolution
Ordinateur portableA à D15 kWh/an35 kWh/an20 kWh/anAutonomie batterie, durabilité, résistance aux chutes

Ce que signifie vraiment la classe énergie sur l'étiquette électroménager

L'étiquette énergie apposée sur chaque appareil électroménager neuf indique sa classe énergétique, une note allant de A (vert foncé, le plus efficace) à G (rouge, le moins efficace). Cette échelle évalue la consommation d'électricité : et parfois d'eau : dans des conditions normalisées définies par la réglementation européenne. Concrètement, la classe énergie traduit l'efficacité énergétique d'un produit : à service rendu équivalent (laver 8 kg de linge, refroidir un volume de 250 litres), l'appareil le mieux classé consomme moins de kWh.

L'étiquette ne se limite pas à la lettre. Elle affiche aussi la consommation annuelle estimée en kWh, le niveau sonore en dB, et pour les lave-linge et lave-vaisselle, la consommation d'eau par cycle. Toutes ces données sont vérifiées et enregistrées dans la base européenne EPREL (European Product Registry for Energy Labelling), accessible au public. Avant d'acheter, vous pouvez consulter cette base pour comparer deux modèles au-delà de ce que montre la seule étiquette en rayon.

Le calcul de la classe varie par catégorie d'appareil. Un réfrigérateur est noté selon un indice d'efficacité énergétique (IEE) qui rapporte sa consommation annuelle à son volume utile. Un lave-linge est évalué sur sa consommation pour 100 cycles standardisés (programme éco 40-60 °C). Résultat : deux appareils de classe B peuvent avoir des consommations absolues très différentes si leurs capacités ne sont pas les mêmes. La classe énergie permet donc un premier tri, mais la lecture complète de l'étiquette reste indispensable pour comparer efficacement.

L'étiquette énergie existe depuis 1994

La première directive européenne sur l'étiquetage énergétique date de 1994. Elle concernait alors uniquement les réfrigérateurs et congélateurs, avant de s'étendre progressivement aux lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, fours, climatiseurs et ampoules. L'objectif initial était simple : donner au consommateur une information lisible pour orienter ses achats vers les appareils les moins gourmands en électricité.

Le succès de cette première échelle A à G a eu un effet pervers. Les fabricants ont rapidement saturé le haut du classement, tous positionnés en classe A. Pour continuer à différencier les produits, la Commission européenne a introduit en 2010 les classes A+, A++ et A+++. Cette stratification a fonctionné une dizaine d'années, jusqu'à ce que le même phénomène se reproduise : en 2020, plus de 90 % des réfrigérateurs vendus en France affichaient A+, A++ ou A+++. L'étiquette avait perdu son pouvoir discriminant. La réforme de mars 2021 a donc remis les compteurs à zéro avec une échelle A à G recalibrée et nettement plus exigeante.

Ce que contient l'étiquette : classe, kWh, eau, bruit

L'étiquette énergie actuelle comporte cinq informations principales, standardisées à l'échelle européenne. En haut, la classe énergétique (A à G) avec une flèche noire pointant sur la lettre correspondante, sur un dégradé de couleurs du vert au rouge. Juste en dessous figure la consommation d'énergie annuelle ou par 100 cycles, exprimée en kWh : c'est le chiffre à retenir pour estimer l'impact sur la facture.

Pour les lave-linge et lave-vaisselle, une icône spécifique indique la consommation d'eau en litres par cycle. Un pictogramme de haut-parleur affiche le niveau sonore en dB(A) et la classe d'émission acoustique associée. Enfin, un QR code renvoie directement vers la fiche produit dans la base EPREL, où sont détaillées toutes les caractéristiques techniques mesurées en laboratoire. La durée des programmes éco, la capacité de charge, et pour les téléviseurs la consommation en mode HDR figurent également sur l'étiquette selon la catégorie.

La réforme de mars 2021 : pourquoi l'échelle A à G a tout changé

Le règlement européen 2021/341, entré en vigueur le 1er mars 2021, a redéfini intégralement le calcul de l'indice d'efficacité énergétique pour cinq catégories d'appareils : réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, lave-linge séchants et lave-vaisselle. Les téléviseurs et autres appareils électroniques ont suivi dans un second temps. Le principe est radical : l'échelle A à G est recalibrée pour qu'aucun appareil commercialisé avant 2021 n'atteigne la nouvelle classe A. Cette dernière devient une « réserve d'innovation », destinée à être remplie progressivement par les futures générations de produits.

En pratique, le haut du marché en 2026 se situe en classe B ou C selon les catégories. Les lave-linge atteignent désormais la classe A, mais les réfrigérateurs plafonnent en B. Un appareil affichant la nouvelle classe C est donc tout sauf médiocre : il correspond grosso modo à l'ancien A+++, soit ce qui se faisait de mieux avant la réforme. L'erreur classique consiste à rejeter un modèle « classe C » en croyant acheter un produit énergivore, alors qu'il s'agit d'un appareil très performant recalibré par le nouveau barème.

La refonte poursuit trois objectifs : simplifier la lecture pour le consommateur (fin des « plus » ambigus), stimuler la R&D des fabricants vers des produits toujours plus sobres, et contribuer à l'objectif européen de réduction de 32,5 % de la consommation d'énergie primaire d'ici 2030. Selon les estimations de la Commission européenne, cette réforme devrait permettre d'économiser environ 38 TWh par an à l'échelle de l'UE d'ici 2030.

Correspondance classe énergétique électroménager : ancienne vs nouvelle échelle

La correspondance entre l'ancienne et la nouvelle échelle n'est pas mécanique, car les méthodes de calcul ont changé. Un tableau indicatif permet néanmoins de s'y retrouver, notamment sur le marché de l'occasion où les deux étiquettes coexistent encore.

  • Ancien A+++ : équivaut environ à la nouvelle classe C ou D selon l'appareil. Un réfrigérateur A+++ de 2019 sera probablement classé C ou D sous la nouvelle étiquette (source : Hellio, mars 2025).
  • Ancien A++ : tombe en classe D ou E sur la nouvelle échelle, selon la catégorie et la taille de l'appareil.
  • Ancien A+ : correspond aujourd'hui à la classe E ou F. La chute est sévère car l'ancien A+ était déjà un standard moyen de marché.
  • Ancien A (simple) : se retrouve en classe F ou G, soit les moins bonnes notes actuelles. Ces appareils, performants sur le papier avant 2021, sont désormais considérés comme énergivores.

Pour un lave-linge, la correspondance est plus favorable car la technologie a davantage progressé : un ancien A+++ peut atteindre la nouvelle classe B, et certains modèles récents frôlent même la classe A (source : Electro Dépôt).

Pourquoi la classe A est (presque) vide sur les rayons en 2026

Ce n'est ni une pénurie ni un bug de l'étiquetage : la classe A a été délibérément laissée vacante par le législateur européen. Le règlement 2021/341 fixe des seuils d'entrée dans chaque classe tels qu'aucun modèle commercialisé avant la réforme ne puisse prétendre au A. L'idée est d'inciter les fabricants à innover pour occuper cette classe « premium », plutôt que de stagner dans un A+++ devenu banal.

En 2026, cinq ans après la réforme, la classe A commence à se remplir timidement sur les lave-linge et certains lave-vaisselle très haut de gamme. Les réfrigérateurs, en revanche, restent bloqués en B au maximum. Cette situation est normale et ne traduit pas un manque de performance des appareils disponibles : un réfrigérateur classe B actuel consomme nettement moins qu'un ancien A+++. L'absence de A signifie simplement que la marge de progression technique existe encore, et que la réglementation la préserve pour les années à venir.

Quelle classe énergétique choisir selon l'appareil en 2026 ?

La classe à viser dépend de la catégorie d'appareil, de votre budget et de l'intensité d'usage. Un lave-linge utilisé quotidiennement dans une famille nombreuse justifie un investissement dans la meilleure classe disponible, alors qu'un réfrigérateur d'appoint au garage peut se contenter d'une classe plus modeste. Les données qui suivent sont issues des relevés ADEME mis à jour le 30 mars 2026 et des fiches techniques enregistrées dans EPREL.

Pour chaque catégorie, l'écart de consommation entre la meilleure et la moins bonne classe se chiffre en dizaines, voire centaines de kWh par an. Rapporté au prix moyen de l'électricité en France (environ 0,25 €/kWh en 2026, tarif réglementé base), un écart de 100 kWh/an représente 25 € de différence annuelle sur la facture. Sur une durée de vie de 10 à 15 ans pour un gros électroménager, le surcoût à l'achat d'un modèle performant s'amortit largement.

L'autre paramètre déterminant, souvent négligé, est la consommation d'eau pour les lave-linge et lave-vaisselle. Un lave-vaisselle classe A ne consomme pas seulement moins d'électricité : il utilise aussi moins d'eau par cycle. L'ADEME précise que pour un lave-vaisselle, environ 80 % de l'énergie consommée sert à chauffer l'eau (ADEME, 2026). Optimiser la consommation d'eau revient donc mécaniquement à réduire la facture électrique.

Réfrigérateurs et congélateurs : les classes disponibles en 2026

Les réfrigérateurs et congélateurs restent la catégorie où la classe A est la plus inaccessible. Les meilleurs modèles du marché plafonnent en classe B, avec une consommation annuelle d'environ 100 kWh pour un combiné réfrigérateur-congélateur de taille standard (250-300 litres utiles). La classe C, qui constitue le gros du marché milieu-haut de gamme, tourne autour de 150 à 180 kWh/an. Un modèle classe D descend autour de 220 kWh, et la classe G : rare en neuf : peut dépasser les 350 kWh/an.

L'écart entre un classe B et un classe G atteint donc environ 250 kWh par an, soit plus de 60 € de différence annuelle sur la facture d'électricité. Sur 12 ans de durée de vie moyenne, le surcoût à l'achat d'un modèle classe B (généralement 100 à 200 € de plus qu'un classe C) se transforme en économie nette. À noter que les réfrigérateurs américains grand volume (side-by-side, > 400 L) affichent mécaniquement des consommations plus élevées : comparer deux modèles de volume similaire reste indispensable pour ne pas conclure hâtivement qu'un gros frigo est moins efficace.

Lave-linge et lave-vaisselle : lire les kWh pour 100 cycles

Pour ces deux catégories, l'étiquette n'affiche pas une consommation annuelle mais une consommation pour 100 cycles standards (programme éco). C'est plus précis car cela reflète l'usage réel plutôt qu'une estimation annualisée qui dépendrait d'hypothèses de fréquence. Un lave-linge classe A consomme environ 45 kWh pour 100 cycles, soit 0,45 kWh par lavage. Un modèle classe D monte à 70 kWh pour 100 cycles, et un classe G frôle les 95 kWh (source : ADEME/bases EPREL).

Pour le lave-vaisselle, la même logique s'applique. Un modèle classe A descend à 54 kWh pour 100 cycles et utilise 9 à 10 litres d'eau par cycle. La consommation d'eau est ici tout aussi critique : passer de 12 à 9 litres par cycle sur 280 lavages annuels représente une économie de 840 litres d'eau par an. Couplée à l'économie d'énergie, la différence entre un lave-vaisselle classe A et un classe D dépasse souvent 50 € par an (électricité + eau). L'investissement dans la meilleure classe disponible : A ou B selon les gammes : se justifie pleinement pour un appareil utilisé quotidiennement.

Téléviseurs et ordinateurs portables : une étiquette plus récente

Les téléviseurs ont intégré la nouvelle échelle le 1er mars 2023, avec une particularité notable : l'étiquette affiche désormais deux consommations, l'une pour le mode SDR (Standard Dynamic Range) et l'autre pour le mode HDR (High Dynamic Range), ce dernier étant nettement plus énergivore. Les classes disponibles sur le marché vont de E à G pour les grands écrans : la diagonale et la luminosité sont les deux facteurs qui pèsent le plus lourd dans le calcul de la classe.

Un téléviseur 55 pouces classe F consomme environ 90 kWh pour 1 000 heures en mode SDR ; le même modèle en classe G peut dépasser 150 kWh. L'écart entre une classe E performante (55 kWh/1 000 h) et une classe G énergivore (200 kWh/1 000 h) atteint 145 kWh pour 1 000 heures de visionnage. Pour une utilisation moyenne de 4 heures par jour, cela représente environ 50 kWh d'écart annuel, soit 12 à 13 €.

Les ordinateurs portables, eux, bénéficient d'une étiquette spécifique depuis 2023. Un modèle classe A consomme autour de 15 kWh/an, contre 20 kWh/an pour la moyenne du marché (ADEME, 2026). L'étiquette inclut aussi l'autonomie de la batterie en heures, sa durabilité en nombre de cycles de charge, et depuis juin 2025 la résistance aux chutes selon un indice normalisé (source : economie.gouv.fr, juin 2025). L'impact sur la facture électrique est modeste au regard d'un lave-linge, mais l'autonomie et la durabilité deviennent des critères d'achat déterminants pour un appareil nomade.

Cas pratique chiffré : combien économise-t-on en passant de la classe G à la classe B ?

Prenons un cas concret : un logement de 4 personnes équipé d'un réfrigérateur-congélateur, d'un lave-linge (5 lavages par semaine), d'un lave-vaisselle (5 cycles par semaine) et d'un téléviseur 55 pouces allumé 4 heures par jour. On compare un scénario où tous les appareils sont en classe G (les moins performants disponibles en neuf) avec un scénario où ils sont tous en classe B (le meilleur niveau accessible pour chaque catégorie en 2026).

  • Réfrigérateur : 350 kWh/an (G) → 100 kWh/an (B) = 250 kWh d'écart.
  • Lave-linge : 95 kWh/100 cycles (G) → 45 kWh/100 cycles (A) sur 260 cycles/an = 130 kWh d'écart.
  • Lave-vaisselle : 105 kWh/100 cycles (G) → 54 kWh/100 cycles (A) sur 260 cycles/an = 132 kWh d'écart.
  • Téléviseur : 200 kWh/1 000 h (G) → 90 kWh/1 000 h (E) sur 1 460 h/an = 160 kWh d'écart.

Cumulé, l'écart atteint environ 672 kWh par an. À 0,25 €/kWh, cela représente 168 € d'économie annuelle sur la facture d'électricité, hors économies d'eau pour le lave-linge et le lave-vaisselle. Sur 10 ans, l'écart dépasse 1 600 €, de quoi couvrir largement le surcoût initial d'appareils mieux classés. Ce calcul reste indicatif : il dépend du prix réel du kWh, de la fréquence d'usage et des modèles précis. Les consommations citées sont les ordres de grandeur constatés par l'ADEME dans son guide mis à jour au 30 mars 2026.

Simulation : impact sur la facture annuelle selon la classe

À titre indicatif, voici l'impact chiffré sur la facture pour trois appareils clés, selon la classe choisie. Les consommations sont issues des données ADEME (mars 2026) et des fourchettes constatées sur EPREL.

  • Lave-vaisselle : classe A = 90 kWh/an, classe D = 150 kWh/an, classe G = 210 kWh/an. Écart A → G : 120 kWh/an, soit environ 30 € d'électricité, plus l'eau.
  • Lave-linge (260 cycles/an) : classe A = 117 kWh/an, classe D = 182 kWh/an, classe G = 247 kWh/an. Écart A → G : 130 kWh/an, soit environ 32 €.
  • Réfrigérateur combiné 250 L : classe B = 100 kWh/an, classe D = 220 kWh/an, classe G = 350 kWh/an. Écart B → G : 250 kWh/an, soit environ 62 €.

Ces écarts sont annualisés sur la base d'un tarif réglementé de 0,25 €/kWh (tarif bleu EDF, option base, 2026). Ils montrent que le réfrigérateur, parce qu'il fonctionne 24h/24, pèse particulièrement lourd dans l'équation, même si sa puissance instantanée est faible.

Le cumul des appareils : l'effet multiplicateur dans un logement

Un foyer français moyen compte entre 8 et 12 appareils électroménagers et électroniques significatifs. L'effet de la classe énergétique ne se joue pas appareil par appareil, mais sur l'ensemble du parc. Remplacer trois appareils anciens (classe G ou équivalent ancien) par des modèles classe B ou C peut réduire la facture d'électricité de 100 à 200 € par an.

Dans les faits, le gros électroménager (froid, lavage) représente environ 40 % de la consommation électrique hors chauffage et eau chaude sanitaire d'un logement. Les téléviseurs et appareils électroniques en représentent 15 à 20 %. Agir sur la classe énergétique de ces postes a donc un effet direct et mesurable. L'achat d'un appareil électroménager bien classé constitue le levier le plus simple pour réduire sa facture sans changer ses habitudes : contrairement au chauffage, qui demande des travaux, ou à l'éclairage, dont le poids relatif est bien plus faible.

Comment lire l'étiquette énergie en magasin ou en ligne : les pièges à éviter

L'étiquette énergie est conçue pour être lue en quelques secondes, mais trois pièges classiques faussent régulièrement la comparaison entre appareils. Le premier : comparer deux produits de taille différente sans normaliser. Un réfrigérateur de 350 litres en classe B consomme souvent plus en valeur absolue qu'un modèle de 200 litres en classe D. La classe énergétique intègre déjà le volume utile dans son calcul : deux appareils de même classe ont une efficacité comparable rapportée à leur capacité, même si leurs consommations absolues diffèrent.

Le deuxième piège : ignorer la consommation d'eau pour les lave-linge et lave-vaisselle. Comme environ 80 % de l'énergie d'un lave-vaisselle sert à chauffer l'eau (ADEME, 2026), un modèle qui consomme 12 litres par cycle plutôt que 9 litres sera mécaniquement plus gourmand en électricité, même à classe énergétique égale. L'eau et l'énergie sont indissociables sur ces appareils.

Le troisième piège, le plus fréquent sur le marché de l'occasion et les comparateurs en ligne : confondre l'ancienne et la nouvelle étiquette. Un lave-linge vendu sur Leboncoin avec une étiquette « classe A+++ » peut sembler excellent. Sous la nouvelle échelle, ce même appareil serait classé C ou D. Sur les sites de revente, vérifiez toujours la date de fabrication ou le numéro de modèle dans EPREL pour connaître sa classe selon le barème actuel. La fiabilité de la marque et l'ancienneté du modèle sont deux critères complémentaires à croiser avec la classe énergétique.

Ancienne ou nouvelle étiquette ? Comment le vérifier

La méthode la plus fiable pour identifier le barème utilisé par une étiquette consiste à regarder la présence ou l'absence des classes A+, A++ et A+++. Si vous voyez ces « plus » sur l'étiquette, c'est l'ancien système (avant mars 2021 pour le gros électroménager). L'étiquette actuelle n'affiche qu'un dégradé simple de A à G, sans aucun signe supplémentaire. Autre repère : le QR code en haut à droite de la nouvelle étiquette, absent de l'ancienne.

En ligne, les fiches produits des grandes enseignes (Darty, Boulanger, Electro Dépôt) affichent normalement la nouvelle étiquette depuis 2021. Les places de marché type Amazon ou Cdiscount peuvent encore montrer des visuels d'anciennes étiquettes pour des produits reconditionnés ou des stocks écoulés. Dans ce cas, relevez la référence exacte du modèle (EAN ou nom commercial) et interrogez la base EPREL sur le site de la Commission européenne : elle vous donnera la classe actuelle, les consommations mesurées et la date d'enregistrement du produit.

Les critères au-delà de la lettre : eau, bruit, durabilité

La classe énergétique est le premier filtre, mais trois autres critères méritent votre attention selon l'appareil. Le niveau sonore, exprimé en dB(A), conditionne le confort d'usage au quotidien : un lave-vaisselle à 44 dB est quasi inaudible, un modèle à 52 dB s'entend dans une cuisine ouverte. L'écart de 8 dB correspond à une différence de perception sonore très nette.

La consommation d'eau, on l'a vu, pèse directement sur la facture énergétique des lave-linge et lave-vaisselle. Comparez toujours les litres par cycle entre deux modèles de même classe. Enfin, depuis l'extension de l'étiquette aux smartphones et tablettes (juin 2025), la durabilité de la batterie (nombre de cycles de charge avant dégradation) et la résistance aux chutes font leur apparition. Ces indices, encore peu connus, deviendront des critères d'achat centraux pour les appareils nomades dans les prochaines années.

Nouvelle classe énergétique électroménager 2025-2026 : quoi de neuf et perspectives

La réforme de l'étiquette énergie se déploie par vagues successives jusqu'en 2030. Après le gros électroménager en mars 2021 et les téléviseurs en mars 2023, ce sont les aspirateurs, les sèche-linge et les appareils de cuisson (fours, hottes) qui ont basculé en 2024-2025. Les smartphones et tablettes ont rejoint le dispositif le 20 juin 2025, avec une étiquette sur mesure intégrant autonomie, durabilité de la batterie et résistance aux chutes (source : economie.gouv.fr, 6 juin 2025).

Le calendrier prévisionnel de la Commission européenne prévoit une révision des seuils de classes tous les 5 à 7 ans pour éviter que l'échelle ne se sature à nouveau. Concrètement, les classes A qui restent vides en 2026 pourraient commencer à se remplir vers 2028-2030 si les progrès techniques le permettent. La prochaine vague réglementaire devrait intégrer l'indice de réparabilité (déjà obligatoire en France depuis 2021 sur certaines catégories) et l'empreinte carbone du produit, deux dimensions absentes de l'étiquette énergie actuelle mais en discussion au niveau européen.

Le calendrier de déploiement de la nouvelle étiquette par catégorie

  • 1er mars 2021 : réfrigérateurs, congélateurs, caves à vin, lave-linge, lave-linge séchants, lave-vaisselle.
  • 1er septembre 2021 : ampoules et luminaires.
  • 1er mars 2023 : téléviseurs, écrans, moniteurs.
  • 2024-2025 : aspirateurs, sèche-linge, fours, hottes de cuisine.
  • 20 juin 2025 : smartphones, tablettes (étiquette spécifique avec autonomie et durabilité).
  • 2026-2030 : extension envisagée aux ordinateurs fixes, consoles de jeu, petits appareils de cuisson (bouilloires, micro-ondes).

Ce déploiement progressif explique pourquoi certaines catégories d'appareils ne portent pas encore la nouvelle étiquette en rayon. Vérifier la date de mise sur le marché du produit permet de savoir quel barème s'applique.

Les nouveaux critères pour les appareils nomades : batterie et durabilité

L'étiquette smartphone, obligatoire depuis juin 2025, innove par rapport au modèle historique. Elle affiche quatre informations : la classe d'efficacité énergétique (A à G), l'autonomie en heures par cycle de recharge, la durabilité de la batterie exprimée en nombre de cycles avant dégradation significative, et un indice de résistance aux chutes normalisé (source : economie.gouv.fr, 6 juin 2025).

Ces critères répondent à une réalité d'usage : pour un smartphone, la consommation électrique annuelle (quelques kWh) pèse peu sur la facture domestique, mais la durée de vie de la batterie conditionne le renouvellement de l'appareil. Un smartphone dont la batterie tient 800 cycles au lieu de 500 retarde son remplacement de plusieurs années, ce qui réduit l'empreinte environnementale bien davantage que quelques watts économisés à la charge. Cette logique « durabilité » préfigure l'évolution de l'étiquette énergie au-delà de 2026.

Points clés

  • La réforme de mars 2021 a supprimé les A+/A++/A+++ : un ancien A+++ correspond aujourd'hui à la nouvelle classe C
  • La classe A actuelle est volontairement quasi vide pour servir de réserve aux innovations futures
  • Un lave-vaisselle classe A consomme 90 kWh/an, un ordinateur portable environ 20 kWh/an (ADEME, mars 2026)
  • Le critère de consommation d'eau est aussi important que les kWh pour lave-linge et lave-vaisselle
  • Sur le marché de l'occasion, une étiquette ancienne « classe A » peut correspondre à un appareil très énergivore selon le nouveau barème

Sources

Fiche pratique

DifficultéDébutant : aucune compétence technique requise, lecture d'étiquette uniquement
Budget estiméSurcoût à l'achat d'un appareil classe B vs C : 50 à 150 € selon la catégorie, amorti en 5 à 10 ans par les économies d'énergie
Critères à vérifierClasse énergétique (A-G), consommation annuelle en kWh, consommation d'eau (lave-linge/lave-vaisselle), niveau sonore en dB, dimensions et capacité
Piège à éviterConfondre ancienne et nouvelle étiquette sur les sites d'occasion ou les comparateurs non mis à jour
Outil officielBase EPREL (Commission européenne) pour vérifier la classe réelle d'un modèle avant achat

Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la classe énergétique A et A+ ?

La classe A+ appartenait à l'ancienne échelle énergétique (avant mars 2021), qui utilisait les notations A+, A++ et A+++ au-dessus du A simple. La réforme européenne de 2021 a supprimé ces « plus » jugés illisibles, et recalibré toute l'échelle : un ancien A+++ équivaut aujourd'hui à la nouvelle classe C environ. La classe A actuelle est bien plus exigeante et presque aucun appareil ne l'atteint encore sur le marché en 2026.

Quels sont les appareils électriques de classe G ?

La classe G est la moins efficace de l'échelle actuelle. On y trouve principalement les gros téléviseurs (grande diagonale, forte luminosité HDR) et certains appareils d'entrée de gamme non renouvelés depuis la réforme. Selon le règlement européen, aucun nouvel appareil mis sur le marché ne peut dépasser un seuil maximal de consommation, ce qui exclut de fait les produits les plus énergivores. La classe G reste néanmoins visible sur les étiquettes comme repère, même si les modèles qui la portent sont rares en neuf.

Pourquoi ne trouve-t-on plus de réfrigérateur classe A ?

Depuis la réforme du 1er mars 2021, l'échelle A à G a été volontairement calibrée pour laisser la classe A quasi vide : elle sert de « réserve » aux innovations futures, selon le règlement européen 2021/341. Les réfrigérateurs les plus performants du marché plafonnent aujourd'hui en classe B ou C. Un réfrigérateur classe C nouvelle étiquette correspond en réalité à l'ancien A+++, un appareil déjà très efficace. L'absence de classe A n'est donc pas un problème d'offre, mais une décision réglementaire.

Comment sont classés les appareils électroménagers ?

Les appareils électroménagers sont classés de A (vert foncé, le plus efficace) à G (rouge, le moins efficace) selon leur consommation d'énergie mesurée dans des conditions normalisées. Chaque catégorie d'appareil a son propre indice d'efficacité énergétique (IEE), calculé à partir de la consommation annuelle (kWh/an), du volume utile pour les réfrigérateurs, ou de la consommation pour 100 cycles pour les lave-linge et lave-vaisselle. La mesure est réalisée selon des protocoles harmonisés au niveau européen et les données sont enregistrées dans la base EPREL de la Commission européenne.